Le plan blanc et le plan bleu sont deux dispositifs de gestion de crise du secteur de la santé, mais ils ne concernent pas les mêmes établissements. Le plan blanc mobilise un hôpital face à un afflux de victimes ou une crise sanitaire. Le plan bleu organise la réponse d’un EHPAD ou d’un établissement médico-social face à une canicule, une épidémie ou un événement exceptionnel. Tous deux s’inscrivent dans le dispositif régional ORSAN, piloté par l’ARS.
Le plan blanc : mobiliser l’hôpital
Le plan blanc permet à un établissement de santé de faire face à un afflux massif de victimes ou à une situation sanitaire exceptionnelle : rappel de personnels, déprogrammation d’interventions, ouverture de lits supplémentaires. Il est déclenché par le directeur de l’établissement.
Le plan bleu : protéger un EHPAD
Le plan bleu organise la réponse d’un EHPAD ou d’un établissement médico-social face à une crise, en particulier la canicule. Il prévoit les mesures de protection des résidents, les renforts, la continuité des soins et la communication avec les familles. Il est piloté par le directeur de l’établissement.
Les différences clés
La distinction tient à trois éléments : l’établissement (hôpital pour le plan blanc, EHPAD pour le plan bleu), le déclencheur dominant (afflux de victimes contre crise climatique ou sanitaire d’un public fragile) et la logique (monter en puissance des moyens hospitaliers contre protéger des personnes vulnérables sur place). Dans les deux cas, le pilote reste le directeur de l’établissement.
Le point commun : ORSAN et l’ARS
Plan blanc et plan bleu ne fonctionnent pas en silo. Ils s’emboîtent dans le dispositif ORSAN, qui coordonne l’ensemble du système de santé à l’échelle régionale sous l’autorité de l’ARS. Lors d’une canicule, par exemple, les EHPAD activent leur plan bleu pendant que les hôpitaux se préparent, voire déclenchent leur plan blanc si l’afflux aux urgences l’impose.
Questions fréquentes
Un EHPAD a-t-il un plan blanc ou un plan bleu ?
Qui déclenche chacun de ces plans ?
Existe-t-il un plan rouge ?
Le plan bleu est-il obligatoire ?
Pour aller plus loin
Ce que disent les textes
- Un seul décret, deux plans en miroir. Le décret n° 2024-8 du 3 janvier 2024 a réécrit les deux dispositifs le même jour : son article 1er pour les établissements de santé (article R3131-10 du code de la santé publique), son article 5 pour les établissements sociaux et médico-sociaux (article R311-38-1 du code de l’action sociale et des familles).
- Côté santé, « plan blanc » n’est plus le nom du plan, mais celui d’un niveau. Le plan prévu à l’article L3131-7 du code de la santé publique s’appelle désormais « plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles ». Il est organisé en deux niveaux de réponse : le « Plan de mobilisation interne » pour les tensions hospitalières, et le « Plan blanc » pour les situations sanitaires exceptionnelles.
- Côté médico-social, le plan bleu porte bien son nom. L’article R311-38-1 le désigne explicitement « Plan bleu » et le rattache au second alinéa de l’article L311-8 du code de l’action sociale et des familles.
- Les deux se révisent chaque année. Les deux articles emploient la même formule : le plan « est évalué, notamment sur la base d’exercices, et révisé chaque année ». Les deux sont transmis à l’ARS et au SAMU ; le plan bleu l’est en outre au préfet.
- Qui déclenche quoi. Le plan hospitalier est mis en œuvre par le directeur de l’établissement. Le préfet peut demander au directeur général de l’ARS la mise en œuvre du niveau « Plan blanc » et, hors ce cas, l’ARS informe sans délai le préfet de tout déclenchement de ce niveau (article R3131-11). Le plan bleu est mis en œuvre par le directeur de l’établissement, qui informe sans délai le préfet, l’ARS et le président du conseil départemental (article R311-38-2).
Références vérifiées en source primaire le 2 septembre 2026.
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