La grande consultation publique sur la politique de prévention des risques majeurs, lancée par le gouvernement au printemps, vient de s’achever ce mois de juin 2025. Cet exercice démocratique majeur, loin d’être anodin, est un moment charnière qui va dessiner les contours de la sécurité civile et de la résilience des territoires pour la décennie à venir. Face aux crises climatiques, sanitaires et technologiques qui se multiplient, la question n’est plus seulement de « gérer » les crises, mais de refonder notre approche collective de la prévention.
Chez CriseHelp, nous avons suivi ce débat avec la plus grande attention. Plus qu’un simple recueil d’avis, nous y voyons une opportunité historique de faire évoluer notre modèle. Voici notre décryptage des enjeux clés soulevés par cette consultation et nos propositions pour une politique de prévention enfin à la hauteur des défis du XXIe siècle.
Pourquoi cette consultation est un moment clé pour la France ?
Le contexte de cette consultation est sans précédent. Elle intervient après une succession d’événements qui ont mis notre modèle à rude épreuve : la pandémie de Covid-19, les méga-feux de 2022, les inondations récurrentes et les leçons tirées de la Loi Matras de 2021. L’État prend acte que son approche descendante, centrée sur le couple préfet-maire, doit être enrichie. Il cherche à mieux intégrer deux acteurs jusqu’ici considérés comme secondaires : le citoyen et l’entreprise. C’est tout l’enjeu : passer d’une logique de protection subie à une culture du risque partagée et active.
Les 3 thèmes majeurs de la consultation : l’analyse de CriseHelp
Parmi les nombreux sujets abordés, trois thématiques nous semblent absolument fondamentales pour l’avenir de la prévention des risques majeurs.
1. Du citoyen « informé » au citoyen « acteur » : une ambition à concrétiser
La consultation a beaucoup insisté sur le rôle du citoyen. C’est une excellente chose. Des outils comme le DICRIM ou le Plan Individuel de Mise en Sûreté (PIMS) existent, mais leur portée reste limitée.
- Notre analyse : L’information, même de qualité, ne suffit pas à créer des comportements. La résilience citoyenne ne se décrète pas, elle se pratique.
- L’enjeu : Il faut passer de la simple « information préventive » à la « préparation opérationnelle » du citoyen, en encourageant massivement les formations aux gestes de premiers secours, la constitution de kits d’urgence et le développement des Réserves Communales de Sécurité Civile (RCSC).
2. L’entreprise, l’angle mort de la résilience territoriale ?
C’est le point qui nous semble le plus sous-estimé dans le débat public. La résilience d’un territoire ne dépend pas que de ses services publics. Elle dépend aussi de la capacité de son tissu économique (TPE, PME, artisans) à survivre et à redémarrer après une crise. Un territoire où toutes les entreprises ferment après une inondation est un territoire qui meurt.
- Notre analyse : La continuité d’activité est encore trop souvent perçue comme un enjeu de grandes entreprises, et non comme une brique essentielle de la résilience locale.
- L’enjeu : Il est crucial d’inciter et d’aider les PME à s’équiper d’un Plan de Continuité d’Activité (PCA), via des aides, des crédits d’impôt ou des diagnostics simplifiés.
3. Le financement de la prévention : sortir de la logique de la réparation
La France a un système d’indemnisation des catastrophes naturelles performant, mais le financement de la prévention « à froid » reste le parent pauvre. On répare très bien, mais on investit peu pour éviter d’avoir à réparer.
- Notre analyse : Chaque euro investi dans la prévention (digues, mises aux normes, culture du risque) permet d’économiser de 4 à 7 euros en coûts de reconstruction et en pertes indirectes.
- L’enjeu : Il faut réorienter une partie des fonds de réparation, comme le Fonds Barnier, vers des actions de prévention proactives et conditionner certaines aides publiques à la réalisation de diagnostics de vulnérabilité.
Notre vision chez CriseHelp : 3 propositions pour une politique ambitieuse
Forts de notre expérience de terrain, nous pensons que la France peut aller plus loin. Voici trois propositions concrètes que nous portons :
- Instaurer un « Score de Résilience » pour les collectivités et les entreprises : Un indicateur simple et public, basé sur des critères objectifs (existence d’un PCS à jour et testé, formation des équipes, robustesse des réseaux…), qui valoriserait les bons élèves et encouragerait les autres à s’améliorer.
- Rendre les exercices de crise inter-services obligatoires annuellement : Trop d’exercices se font encore en silo. Il faut imposer un exercice annuel réunissant la mairie (PCS), les entreprises critiques et les associations locales pour tester la coordination de l’ensemble de l’écosystème territorial.
- Créer un « service public de la résilience » en ligne : Un portail unique et simple où chaque citoyen et chaque dirigeant de TPE/PME pourrait trouver les informations sur ses risques, des modèles de PIMS ou de PCA simplifiés, et les contacts des acteurs locaux de la sécurité civile.
Conclusion : de la consultation à l’action
Cette consultation publique sur la prévention des risques est une formidable opportunité de moderniser notre pacte de résilience national. Le succès de cette réforme ne se mesurera pas à la qualité des rapports, mais à la réalité des actions qui en découleront sur le terrain. L’avenir appartient à un modèle où État, collectivités, entreprises et citoyens agissent en partenaires, chacun à son niveau, pour bâtir une société plus sûre et plus préparée.
Chez CriseHelp, nous sommes prêts à accompagner les organisations publiques et privées qui souhaitent prendre leur part dans cette ambition collective et transformer la contrainte réglementaire en une véritable culture de la résilience.
Nous sommes à votre écoute pour préciser votre besoin en prévention des risques.
Nos experts et consultants indépendants sont en mesure de vous accompagner de A à Z dans l’évaluation de vos risques pour anticiper les crises.