La main courante de crise est le journal horodaté qui consigne, en temps réel, les faits, décisions et actions de la cellule de crise. C’est l’outil de traçabilité central : il fiabilise la décision pendant la crise, sécurise juridiquement, et constitue la matière première du RETEX après.

Heure
Horodatage
Source
Qui informe
Fait / Décision
Ce qui est acté
Action
Ce qui est lancé
Responsable
Qui pilote

À quoi sert la main courante

Elle garde la trace de qui a décidé quoi, quand et pourquoi. En pleine crise, la mémoire est défaillante et l’information circule mal : la main courante évite les pertes lors des relèves d’équipe, fiabilise les points de situation et donne une vision partagée de l’avancement. C’est le fil conducteur de la cellule.

Ce qu’on y consigne

Chaque entrée note l’heure, la source de l’information, le fait ou la décision, l’action déclenchée et le responsable. On y inscrit aussi les hypothèses, les demandes en attente et les points de vigilance. L’objectif est factuel : pas de commentaire, pas d’interprétation, juste la trace utile.

Comment la tenir efficacement

Un membre dédié de la cellule de crise la renseigne en continu, sur papier ou sur outil numérique partagé. L’essentiel est la rigueur de l’horodatage et la continuité : une main courante trouée perd sa valeur. Ce rôle ne doit pas reposer sur un décideur, qui doit rester disponible pour arbitrer.

Valeur juridique et RETEX

En cas de mise en cause, la main courante est une pièce essentielle : elle démontre que l’organisation a agi avec méthode et diligence. Après la crise, elle alimente le retour d’expérience en restituant la chronologie réelle des événements et des décisions.

À quoi ressemble une main courante

Concrètement, chaque ligne est une entrée brève : « 10h42 – le SAMU signale 3 blessés – décision d’ouvrir un point de regroupement – logistique en charge ». « 11h05 – la presse appelle – le porte-parole prépare un message d’attente – communication en charge ». L’enchaînement de ces lignes reconstitue toute l’histoire de la crise, minute par minute, et permet à un nouvel arrivant de comprendre la situation en un coup d’œil.

Les erreurs à éviter

Les pièges classiques : noter trop tard (de mémoire, donc faux), mélanger les faits et les opinions, oublier d’horodater, ou confier la main courante à un décideur déjà débordé. Une main courante utile est tenue en continu, par une personne dédiée, de façon strictement factuelle.

De nombreux outils existent pour faciliter la tenue de la main courante, du simple tableau partagé aux logiciels de gestion de crise dédiés. L’outil compte moins que la discipline : une main courante régulière et factuelle vaut mieux qu’un logiciel sophistiqué mal utilisé. C’est avant tout une habitude à ancrer lors des exercices.

Questions fréquentes

Papier ou numérique ?
Les deux fonctionnent. L’essentiel est l’horodatage fiable, la continuité et le partage en temps réel.
Qui tient la main courante ?
Un membre dédié de la cellule, pour ne pas distraire les décideurs de leurs arbitrages.
Que noter exactement ?
Heure, source, fait ou décision, action lancée, responsable. De façon factuelle, sans interprétation.
A-t-elle une valeur juridique ?
Oui : elle constitue une preuve de la chronologie et de la diligence de l’organisation.

Nous sommes à votre écoute pour préciser votre besoin en communication et gestion de crise.

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