L’état de catastrophe naturelle n’est pas « déclenché » par une seule personne : il est reconnu par un arrêté interministériel publié au Journal officiel. Tout part de la commune : le maire constitue un dossier, le préfet le transmet, une commission interministérielle examine, et l’arrêté de reconnaissance ouvre droit à l’indemnisation des sinistrés au titre de la garantie catastrophe naturelle (CatNat) de leur assurance.

COMMUNE
Le maire recense les dégâts et dépose la demande
PRÉFET
Transmet le dossier à l’État
COMMISSION
Examen interministériel
ARRÊTÉ AU JO
Reconnaissance officielle
INDEMNISATION
Garantie CatNat des assurances

Une reconnaissance, pas un déclenchement

On parle souvent de « déclencher » l’état de catastrophe naturelle, mais le terme exact est reconnaissance. Aucune autorité ne le « déclenche » en temps réel : il s’agit d’une procédure administrative qui constate, après coup, qu’un événement naturel d’une intensité anormale (inondation, sécheresse, coulée de boue, séisme…) a causé des dommages. Cette reconnaissance est la clé qui ouvre l’indemnisation spécifique prévue par la loi.

Les étapes, de la commune à l’arrêté

La procédure suit toujours le même chemin. Le maire recense les dégâts sur sa commune et dépose une demande de reconnaissance en préfecture. Le préfet instruit et transmet le dossier à l’État. Une commission interministérielle examine les rapports techniques (Météo-France, BRGM…) pour apprécier le caractère anormal de l’événement. Si l’avis est favorable, un arrêté interministériel est publié au Journal officiel : c’est la reconnaissance officielle.

Ce que la reconnaissance change pour les sinistrés

La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle déclenche la garantie CatNat incluse dans la plupart des contrats d’assurance habitation et professionnelle. Les sinistrés disposent alors d’un délai pour déclarer leurs dommages à leur assureur et obtenir une indemnisation. Sans arrêté, cette garantie spécifique ne peut pas jouer : c’est tout l’enjeu pour les habitants et les entreprises touchés.

Un exemple concret

Après une inondation, une commune constate des habitations et des commerces endommagés. Le maire dépose une demande de reconnaissance en préfecture. Quelques semaines plus tard, l’arrêté reconnaît l’état de catastrophe naturelle pour la commune : les habitants assurés peuvent alors déclarer leurs dégâts et être indemnisés au titre de la garantie CatNat. La gestion de l’urgence (secours, mise en sécurité) relève, elle, d’autres dispositifs comme le dispositif ORSEC et le plan communal de sauvegarde.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qui reconnaît officiellement l’état de catastrophe naturelle ?
C’est l’État, par un arrêté interministériel publié au Journal officiel, après avis d’une commission interministérielle. La demande, elle, part toujours de la commune via le préfet.
Quel délai pour déposer une demande ?
La commune dispose d’un délai (de l’ordre de 24 mois après l’événement) pour déposer sa demande en préfecture. Les sinistrés, eux, ont un délai après la publication de l’arrêté pour déclarer leurs dommages à leur assureur.
Que permet la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ?
Elle déclenche la garantie catastrophe naturelle (CatNat) des contrats d’assurance, qui permet l’indemnisation des dommages matériels non couverts par les garanties classiques.
État de catastrophe naturelle et état d’urgence, est-ce pareil ?
Non. L’état de catastrophe naturelle est une procédure d’indemnisation. L’état d’urgence est un régime juridique exceptionnel d’ordre public, sans lien avec l’assurance.

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