En France, aucune autorité unique ne décide de la gestion de crise : la responsabilité monte avec la gravité de l’événement, selon le principe de subsidiarité. Le maire agit au niveau communal, le préfet au niveau départemental, le préfet de zone à l’échelle interrégionale, et le Premier ministre au niveau national. En entreprise, c’est le dirigeant et sa cellule de crise. Voici qui décide quoi, et à quel moment.

Maire
Commune (PCS)
Préfet
Département (ORSEC, DOS)
Préfet de zone
Zone de défense
Premier ministre
National (CIC)

Au niveau local : le maire, première autorité

Le maire est responsable de la sécurité sur sa commune. Il dispose de pouvoirs de police, active son plan communal de sauvegarde (PCS) et informe sa population. Tant que l’événement reste circonscrit à la commune, il en est le directeur des opérations de secours. C’est l’échelon de proximité, souvent le premier engagé.

Au niveau départemental : le préfet

Dès qu’une crise dépasse les moyens ou le territoire d’une commune, le préfet de département prend la main. Il devient directeur des opérations de secours (DOS), peut déclencher le dispositif ORSEC et active le centre opérationnel départemental (COD) pour coordonner l’ensemble des acteurs.

Aux niveaux zonal et national

Pour les crises de grande ampleur, le préfet de zone de défense et de sécurité coordonne plusieurs départements via le centre opérationnel de zone (COZ). Au sommet, le Premier ministre pilote la réponse nationale grâce à la cellule interministérielle de crise (CIC), appuyée par le SGDSN et le COGIC pour la sécurité civile. Chaque échelon n’intervient que lorsque le précédent est dépassé.

En entreprise : le dirigeant et la cellule de crise

Dans le privé, la décision revient au dirigeant, qui s’appuie sur une cellule de crise structurée en niveau décisionnel (stratégie) et opérationnel (action). Bien définir qui décide quoi, avant la crise, évite la paralysie le jour J. C’est tout l’enjeu de la préparation, que beaucoup d’organisations construisent avec un consultant en gestion de crise.

Un exemple : une inondation qui monte en puissance

Imaginons une rivière qui déborde. D’abord, le maire active son plan communal de sauvegarde, alerte les riverains et ferme les routes : il est directeur des opérations de secours. Si la crue s’étend à plusieurs communes et dépasse les moyens locaux, le préfet prend la main, déclenche l’ORSEC et ouvre le centre opérationnel départemental. Si plusieurs départements sont touchés, le préfet de zone coordonne ; et si l’événement devient national, la cellule interministérielle de crise est activée. La même crise change ainsi de pilote au fil de son ampleur.

À retenir

Personne ne décide tout, et chaque échelon a un rôle précis. L’enjeu, pour une organisation, est de savoir à qui s’adresser et comment s’articuler avec cette chaîne publique. C’est ce travail de clarification, en amont, qui fait gagner un temps précieux le jour de la crise et évite les décisions contradictoires.

Questions fréquentes

Le maire peut-il gérer seul une crise ?
Oui pour les événements limités à sa commune. Dès que la crise dépasse ses moyens ou son territoire, le préfet prend la direction des opérations de secours.
Qui décide au niveau national ?
Le Premier ministre, via la cellule interministérielle de crise (CIC), appuyé par le SGDSN. Le ministère de l’Intérieur conduit l’action de sécurité civile.
Et dans une entreprise ?
Le dirigeant, via sa cellule de crise, avec une répartition claire entre décisions stratégiques et conduite opérationnelle.
C’est quoi le principe de subsidiarité ?
Chaque niveau (commune, département, zone, national) n’intervient que lorsque l’échelon inférieur est dépassé.

Nous sommes à votre écoute pour préciser votre besoin.

Nos experts et consultants indépendants sont en mesure de vous accompagner de A à Z dans l’évaluation de vos risques pour anticiper les crises.