Face aux menaces multiples (cyberattaques, crises sanitaires, ruptures logistiques ou tensions géopolitiques) l’État français engage une transformation en profondeur de sa capacité à encaisser les chocs. En avril 2025, le gouvernement a lancé un Plan de résilience des services publics : un programme structurant, porté par une volonté claire de continuité de l’action publique en période de crise. Ce plan s’adresse à l’ensemble des agents publics et vise à ancrer une culture commune de la résilience dans tous les échelons de l’administration.

Plan de Résilience des services publics

Une réponse stratégique aux crises systémiques

Dans un contexte où l’imprévisible devient la norme, les services publics doivent pouvoir fonctionner en mode dégradé tout en continuant à protéger les citoyens. Le ministère de l’Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification a donc présenté un plan structuré en 8 mesures clés pour répondre aux nouvelles menaces.

Il ne s’agit pas simplement d’une réforme administrative, mais d’un changement de culture collective : renforcer les réflexes de gestion de crise, la cohérence des plans, et l’engagement des agents publics dans une logique de service résilient.

Objectifs stratégiques du plan

  • Préparer les esprits : sensibiliser les 5,7 millions d’agents publics aux risques, menaces et bonnes pratiques.

  • Préparer les services : tester, mettre à jour et harmoniser les dispositifs opérationnels (PCA, PRA).

  • Mobiliser les ressources humaines : inciter l’engagement dans les réserves et valoriser les parcours résilients.

Les 8 mesures du Plan de Résilience 2025

1. Former massivement à la résilience

Des modules de formation seront intégrés dans toutes les écoles de service public. Objectif : former tous les cadres d’ici 2028. Une bourse mutualisée permettra de partager les ressources de formation entre ministères.

2. Diffuser un livret à tous les agents

Le livret officiel « La résilience, un enjeu pour tous les agents publics » sera diffusé à l’automne 2025 via intranet et email. Il traite des menaces, de la gestion de crise et des bons réflexes à adopter.

3. Instaurer une initiative mémorielle

Chaque 11 mars, une Journée nationale de la résilience des services publics sera organisée. Un mémorial virtuel honorera également les agents décédés en service.

4. Renforcer la sensibilisation à la cybersécurité

Une campagne nationale de sensibilisation sera lancée pour inciter à l’adoption de comportements numériques responsables. Le guide d’hygiène informatique de l’ANSSI fera office de référence.

5. Tester chaque année les PCA et PRA

Les services devront formaliser et tester leurs plans de continuité et de reprise d’activité au moins une fois par an. Une méthodologie nationale sera diffusée pour harmoniser les approches.

6. Hiérarchiser les missions essentielles

Chaque ministère identifiera les services prioritaires à maintenir et les missions non essentielles à mettre à l’arrêt. Une cartographie interministérielle des agents mobilisables sera constituée.

7. Développer massivement les réserves

Objectif : atteindre 105 000 réservistes d’ici 2035. Les démarches seront simplifiées et valorisées dans les parcours professionnels. L’engagement dans la réserve sera reconnu comme un acte de service.

8. Mieux intégrer la cybersécurité dans les plans

Chaque plan de crise inclura désormais un scénario cyber. Une cellule de crise cyber sera déployée au sein du ministère de la Fonction publique. Des exercices de simulation viendront renforcer l’acculturation technique.

Un engagement collectif pour un service public robuste

Ce plan nécessite une mobilisation de tous : agents de terrain, cadres, ministères, collectivités et établissements publics. Le SGDSN, la DGAFP et la DINUM piloteront l’effort interministériel avec des outils partagés, des référentiels communs et une logique d’amélioration continue.

Pour conclure

Le Plan de résilience des services publics face aux crises n’est pas un document de plus : c’est une transformation en profondeur de l’appareil d’État. Il engage chaque agent à se préparer, chaque service à se tester, et chaque direction à intégrer la gestion de crise dans son ADN.

C’est une condition de légitimité, de confiance et de continuité. Pour garantir aux citoyens que, même en période trouble, le service public sera toujours au rendez-vous.

 

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