Mis à jour le 20 juillet 2026.

Un plan canicule en entreprise doit permettre d’anticiper les épisodes de chaleur, de protéger les salariés et d’adapter l’activité avant l’apparition des premiers malaises. Depuis le 1er juillet 2025, l’employeur doit évaluer le risque lié à la chaleur, définir des mesures de prévention et les activer dès que Météo-France place le territoire en vigilance jaune, orange ou rouge.

Le Code du travail n’impose pas nécessairement un document autonome intitulé « plan canicule ». Il impose en revanche une organisation formalisée, intégrée au document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et réellement applicable sur le terrain. Un simple courriel rappelant de boire de l’eau ne suffit plus.

 

Le plan canicule est-il obligatoire en entreprise ?

Il faut distinguer le nom du document et son contenu. Aucun article du Code du travail n’oblige toutes les entreprises à créer un document portant précisément le titre de « plan canicule ». En revanche, l’employeur doit obligatoirement :

  • évaluer les risques liés aux épisodes de chaleur intense ;
  • définir les mesures de prévention nécessaires ;
  • intégrer ces mesures à sa démarche de prévention ;
  • organiser l’alerte et la prise en charge des malaises ;
  • mettre les mesures en œuvre lors de l’épisode ;
  • les renforcer si la chaleur s’intensifie.

Ces exigences résultent notamment des articles R. 4463-1 à R. 4463-8 du Code du travail, créés par le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025. Elles concernent les salariés travaillant à l’intérieur comme à l’extérieur. Même si aucun document distinct n’est explicitement exigé, formaliser un plan canicule dédié reste la méthode la plus sûre. Ce document regroupe les seuils d’activation, les responsabilités, les consignes, les mesures par métier et les procédures de secours.

Il constitue alors une annexe opérationnelle du DUERP, du programme annuel de prévention ou du plan de gestion de crise.

 

Quelles sont les obligations de l’employeur depuis 2025 ?

Le décret du 27 mai 2025 a renforcé le dispositif français de prévention du risque chaleur. Ses principales dispositions sont applicables depuis le 1er juillet 2025.

Évaluer l’exposition à la chaleur

L’employeur doit évaluer les risques liés aux épisodes de chaleur intense pour chaque activité concernée. Cette évaluation ne peut pas se limiter à la température extérieure. Elle doit tenir compte de plusieurs facteurs :

  • travail en plein soleil ;
  • température réelle dans les locaux ;
  • humidité et absence de circulation d’air ;
  • rayonnement des machines, fours, toitures ou surfaces métalliques ;
  • intensité de l’activité physique ;
  • port d’équipements de protection ;
  • durée d’exposition et horaires de travail ;
  • isolement du salarié ;
  • accès effectif à l’eau et aux zones de repos.

Deux salariés présents sur le même site peuvent donc avoir des niveaux d’exposition très différents. Un agent administratif installé dans un bureau ventilé ne rencontre pas les mêmes risques qu’un cariste sous une toiture métallique ou qu’un technicien intervenant en extérieur.

Inscrire le risque chaleur dans le DUERP

Le risque lié aux fortes chaleurs doit apparaître dans le document unique d’évaluation des risques professionnels. L’évaluation doit déboucher sur :

  • un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT) dans les entreprises d’au moins 50 salariés ;
  • une liste d’actions de prévention consignée dans le DUERP dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Il faut éviter une formulation trop vague, du type « risque de canicule : mise à disposition d’eau ». Une rédaction exploitable précise les postes exposés, les situations déclenchantes, le niveau de gravité, les mesures prévues, le responsable de leur mise en œuvre, le délai d’activation, les moyens nécessaires et les modalités de contrôle.

Maintenir une température adaptée dans les locaux

Les locaux fermés affectés au travail doivent être maintenus à une température adaptée, en tenant compte de l’activité des travailleurs et de leur environnement. Cette obligation ne signifie pas que toutes les entreprises doivent installer une climatisation. Elle impose cependant de rechercher des solutions efficaces : protections solaires, ventilation, isolation, rafraîchissement nocturne, déplacement des postes ou accès à des espaces plus frais.

Fournir de l’eau potable et fraîche

L’employeur doit mettre à disposition de l’eau potable et fraîche en quantité suffisante. Lors d’un épisode de chaleur intense, il doit également prévoir un moyen de maintenir cette eau au frais pendant toute la journée et à proximité des postes, notamment pour les activités extérieures.

Le repère de trois litres par jour et par travailleur ne constitue pas une règle générale applicable à toutes les entreprises. Il concerne notamment les chantiers du bâtiment et du génie civil lorsqu’il est impossible d’installer l’eau courante.

Prévoir l’alerte et les secours

L’employeur doit définir comment un salarié signale des symptômes préoccupants, qui reçoit l’alerte, qui appelle les secours, qui les accueille, comment un salarié isolé est localisé et comment l’activité est sécurisée pendant la prise en charge. Ces modalités doivent être portées à la connaissance des salariés et communiquées au service de prévention et de santé au travail.

 

À partir de quel niveau faut-il activer le plan canicule ?

Depuis 2025, un « épisode de chaleur intense » correspond à une vigilance jaune, orange ou rouge de Météo-France.

Niveau Météo-France Signification réglementaire Réponse recommandée de l’entreprise
Vert Veille saisonnière Préparer les moyens, vérifier les stocks, mettre à jour les listes
Jaune Pic de chaleur ou chaleur persistante Activer les premières adaptations, surveiller les postes exposés
Orange Canicule intense et durable Renforcer fortement l’organisation, envisager le mode dégradé
Rouge Canicule extrême Réexaminer la poursuite des activités exposées, activer la gouvernance de crise

La vigilance jaune n’est donc plus une simple information météorologique : elle doit déclencher les premières mesures prévues par l’employeur. Une erreur fréquente consiste à attendre la vigilance orange pour agir. Or, à ce stade, l’entreprise peut déjà manquer de ventilateurs, d’eau fraîche, de personnel disponible ou de possibilités de réorganisation. Le seuil jaune doit être traité comme un véritable seuil d’activation.

 

Comment construire un plan canicule en sept étapes ?

 

1. Désigner le pilote et les responsables locaux

Le plan doit identifier un pilote central, puis un responsable par site. Selon l’organisation, le pilotage peut relever de la direction, des ressources humaines, du responsable hygiène-sécurité-environnement, de la direction immobilière, de la sûreté, de la direction de site ou du responsable du plan de continuité d’activité. Le document doit également prévoir un suppléant : une procédure dépendant d’une seule personne devient inutilisable pendant les congés d’été.

2. Cartographier les postes réellement exposés

La cartographie doit être réalisée par unité de travail, et non par catégorie administrative générale. Il faut notamment repérer :

  • les travaux extérieurs ;
  • les ateliers dégageant de la chaleur ;
  • les entrepôts et quais ;
  • les locaux sous toiture ;
  • les véhicules non ou mal climatisés ;
  • les espaces recevant du public ;
  • les interventions avec combinaison ou protection respiratoire ;
  • les postes isolés ;
  • les tâches physiques et les manutentions ;
  • les activités impossibles à décaler.

Il est utile d’associer les managers et les salariés. Ils connaissent souvent les zones qui deviennent inhabitables dès le début d’après-midi, alors que les relevés généraux du bâtiment restent acceptables.

3. Définir les seuils et les modalités d’activation

Le plan doit indiquer qui consulte les bulletins de Météo-France, à quelle fréquence et par quel canal l’information est diffusée. Une matrice simple peut être utilisée :

Niveau Mesures minimales à prévoir
Jaune Information des managers, vérification de l’eau, contrôle des locaux, pauses supplémentaires pour les postes exposés
Orange Décalage des horaires, réduction des tâches physiques, rotation des équipes, renforcement de la surveillance, télétravail lorsque c’est possible
Rouge Arbitrage de direction, suspension de certaines opérations, fermeture de zones, continuité en mode dégradé, suivi régulier des incidents

Cette matrice doit rester adaptable. Une vigilance jaune peut déjà justifier des mesures importantes dans un atelier très chaud ou sur un chantier sans ombre.

4. Agir selon la hiérarchie des mesures de prévention

Le premier réflexe ne doit pas être de distribuer des bouteilles d’eau. La réglementation demande de réduire l’exposition à la source. L’ordre de priorité est le suivant :

  1. supprimer ou reporter la tâche exposante ;
  2. réduire la durée d’exposition ;
  3. aménager le poste et l’environnement ;
  4. adapter les horaires et les rythmes ;
  5. organiser les pauses et les rotations ;
  6. fournir les équipements adaptés ;
  7. informer et former les salariés.

Par exemple, avancer une opération de manutention à 6 heures est souvent plus efficace que maintenir la même tâche à 15 heures avec seulement une bouteille d’eau supplémentaire.

5. Prévoir les salariés vulnérables sans collecter de données médicales

Certains travailleurs peuvent être plus vulnérables en raison de leur âge ou de leur état de santé. L’employeur n’a pas à demander un diagnostic médical ni à constituer une liste de pathologies. Lorsqu’il est informé d’une vulnérabilité, il adapte les mesures en lien avec le service de prévention et de santé au travail. Il doit donc prévoir un canal confidentiel :

  • information du salarié sur la possibilité de solliciter la médecine du travail ;
  • transmission des recommandations fonctionnelles nécessaires ;
  • adaptation du poste, des horaires ou de l’exposition ;
  • suivi par les ressources humaines et le manager, sans divulgation médicale.

6. Formaliser une procédure de malaise ou de coup de chaleur

Les signes préoccupants peuvent comprendre une fatigue inhabituelle, des vertiges, une confusion, des nausées, des crampes ou une perte de connaissance. La procédure interne doit rester courte et visible :

  1. arrêter immédiatement l’activité ;
  2. placer la personne dans un endroit frais et sécurisé ;
  3. alerter le secouriste ou le responsable désigné ;
  4. contacter les secours si les symptômes sont graves ou persistent ;
  5. ne jamais laisser la personne seule ;
  6. sécuriser le poste et informer la hiérarchie ;
  7. tracer l’événement et analyser ses causes.

Pour les travailleurs isolés, un simple numéro d’urgence affiché ne suffit pas. Il faut prévoir un système de contact périodique, une alerte automatique ou un dispositif permettant de localiser rapidement la personne.

7. Informer, former et tester

Une consigne transmise une fois par courriel sera rapidement oubliée. Les salariés doivent savoir quand le plan est activé, quelles mesures changent leur organisation, quels symptômes doivent alerter, comment signaler une difficulté, qui contacter et comment réagir face au malaise d’un collègue. Les managers doivent être préparés à interrompre ou réorganiser une tâche : sans cette autorisation explicite, certains poursuivront l’activité pour tenir les objectifs de production.

Un exercice sur table de 60 à 90 minutes peut suffire pour tester le plan. Le scénario peut combiner une vigilance orange, une panne de climatisation, un salarié isolé victime d’un malaise et une tension sur les effectifs. La méthode peut être intégrée à un exercice de crise adapté à l’organisation.

Plan canicule en entreprise : niveaux de vigilance Météo-France et mesures de prévention pour protéger les salariés

Quelles mesures prévoir selon le type d’activité ?

 

Dans les bureaux

Les mesures pertinentes peuvent comprendre la fermeture des stores avant l’exposition solaire, la ventilation nocturne lorsque le bâtiment le permet, le déplacement temporaire vers des zones plus fraîches, la limitation des équipements produisant de la chaleur, l’accès à l’eau fraîche, l’adaptation des horaires, le télétravail pour les fonctions compatibles ou la fermeture temporaire d’un étage surchauffé. Le télétravail ne doit toutefois pas devenir une mesure automatique : l’employeur doit aussi considérer les conditions de travail au domicile lorsqu’un risque particulier lui est signalé.

Dans les entrepôts et les ateliers

Les priorités sont différentes : mesurer la température dans les zones réellement occupées, réduire la cadence des opérations physiques, mécaniser certaines manutentions, créer des zones de récupération fraîches, organiser des rotations, limiter le travail sous toiture, vérifier les équipements de protection, reporter les opérations non urgentes et renforcer la surveillance des travailleurs isolés. Les ventilateurs peuvent être insuffisants, notamment lorsque l’air ambiant est déjà très chaud ou lorsqu’ils déplacent des poussières et des polluants. Le choix du moyen technique doit tenir compte de l’activité.

Pour les activités extérieures

Les mesures peuvent inclure le travail aux heures les moins chaudes, la suppression des tâches physiques en milieu de journée, des zones d’ombre mobiles, des véhicules ou locaux de récupération rafraîchis, de l’eau fraîche à proximité immédiate, des vêtements couvrants et respirants compatibles avec la sécurité, la protection de la tête et de la nuque, le travail en binôme ou des contacts périodiques, et le report des interventions non essentielles.

Dans les secteurs assurant une continuité de service

Les établissements de santé, EHPAD, transports, industries en continu, commerces essentiels ou services publics ne peuvent pas toujours réduire facilement leur activité. Le plan canicule doit alors être articulé avec le plan de continuité d’activité. Il faut identifier les activités qui doivent absolument continuer, les effectifs minimaux, les locaux de repli, les équipements critiques, les prestataires indispensables, les solutions en cas de panne électrique ou de climatisation, les priorités de production ou de service et les activités pouvant être suspendues.

 

Existe-t-il une température maximale pour travailler ?

Le Code du travail ne fixe pas de température maximale générale au-delà de laquelle le travail serait automatiquement interdit. Les valeurs de 30 °C pour une activité sédentaire et de 28 °C pour un travail physique sont des repères de prévention fréquemment cités par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Elles ne constituent pas des seuils réglementaires automatiques d’arrêt du travail.

L’évaluation doit tenir compte de l’ensemble de la situation : température, humidité, rayonnement, effort physique, équipements portés, durée d’exposition, état des salariés, possibilités de récupération et efficacité des mesures mises en place. Une température de 29 °C peut ainsi être dangereuse pour une personne effectuant une manutention lourde avec des équipements de protection, alors qu’un poste sédentaire correctement ventilé présente un risque différent. L’absence de seuil légal ne dispense donc jamais l’employeur d’agir.

 

Le plan canicule doit-il aller jusqu’à l’arrêt de l’activité ?

Le plan doit prévoir les conditions dans lesquelles une tâche peut être reportée, interrompue ou suspendue. Cette décision devient nécessaire lorsque les mesures disponibles ne permettent plus de maintenir un niveau de sécurité suffisant. Les critères peuvent être :

  • multiplication des malaises ;
  • température incontrôlable dans une zone ;
  • panne de ventilation ou de climatisation ;
  • absence d’eau fraîche ;
  • impossibilité d’assurer les pauses ;
  • insuffisance d’effectif ;
  • absence de moyen de secours pour les travailleurs isolés ;
  • incompatibilité entre les équipements obligatoires et la chaleur ;
  • passage en vigilance rouge.

La décision ne doit pas reposer uniquement sur le salarié ou le manager de proximité. Le plan doit préciser quel niveau hiérarchique peut suspendre une activité et comment cette décision est enregistrée.

 

Les erreurs fréquentes dans les plans canicule

 

Attendre la vigilance orange

Depuis 2025, la vigilance jaune constitue déjà un épisode de chaleur intense au sens du Code du travail.

Limiter le plan à la distribution d’eau

L’eau est indispensable, mais elle ne remplace pas l’adaptation du travail, des horaires, des équipements et des postes.

Utiliser une température unique pour tout le site

La température mesurée à l’accueil ou dans un bureau ne reflète pas celle d’un quai, d’un véhicule ou d’un atelier.

Oublier les sous-traitants et les entreprises extérieures

Le risque chaleur doit être pris en compte dans les plans de prévention, les plans généraux de coordination et les plans particuliers de sécurité et de protection de la santé lorsqu’ils sont applicables.

Ne pas donner de pouvoir d’arrêt aux managers

Un manager informé mais non autorisé à reporter une opération restera soumis aux impératifs de production.

Préparer le plan sans le tester

Un numéro obsolète, un responsable absent ou un stock inaccessible suffit à rendre le dispositif inefficace.

Ne pas analyser les incidents mineurs

Vertiges, maux de tête, erreurs inhabituelles ou quasi-accidents constituent des signaux faibles. Ils doivent alimenter un retour d’expérience structuré.

 

Exemple opérationnel : un plan conforme mais inutilisable

Dans un cas composite inspiré de difficultés fréquemment rencontrées, une entreprise logistique disposait d’une procédure canicule complète. Elle prévoyait de l’eau, des pauses et une adaptation des horaires. Lors d’un épisode orange, trois problèmes sont apparus :

  • les horaires ne pouvaient être modifiés sans validation du siège ;
  • la salle de repos rafraîchie se trouvait à douze minutes du quai ;
  • personne n’avait prévu le remplacement des chefs d’équipe pendant les pauses supplémentaires.

Le plan était formellement cohérent. Pourtant, il ne pouvait pas être appliqué sans désorganiser l’exploitation. Après retour d’expérience, l’entreprise a créé une zone de repos près des quais, délégué l’adaptation des horaires au directeur de site et prévu une équipe de renfort. La leçon est simple : une mesure n’est utile que si son responsable, son délai et ses moyens sont définis.

 

Liste de contrôle du plan canicule en entreprise

Avant la période estivale, l’entreprise doit pouvoir répondre « oui » aux questions suivantes :

  • Le risque chaleur figure-t-il dans le DUERP ?
  • Les postes exposés sont-ils identifiés ?
  • Un responsable et un suppléant sont-ils désignés ?
  • Le niveau jaune déclenche-t-il des mesures précises ?
  • Les réserves d’eau et moyens de rafraîchissement sont-ils vérifiés ?
  • Les horaires peuvent-ils être adaptés rapidement ?
  • Les managers peuvent-ils reporter ou interrompre une tâche ?
  • Une procédure de malaise est-elle affichée et connue ?
  • Les travailleurs isolés disposent-ils d’un moyen d’alerte ?
  • Le service de prévention et de santé au travail est-il associé ?
  • Les sous-traitants sont-ils intégrés au dispositif ?
  • Les activités essentielles et les solutions de repli sont-elles identifiées ?
  • Le plan a-t-il été testé depuis sa dernière mise à jour ?
  • Les incidents de l’été précédent ont-ils fait l’objet d’un retour d’expérience ?

 

Du plan réglementaire au dispositif opérationnel

Un plan canicule efficace ne se résume pas à une fiche réflexe. Il doit relier le DUERP, l’organisation du travail, les moyens techniques, les secours et la continuité d’activité. CriseHelp accompagne les entreprises et les organisations dans l’évaluation du dispositif existant, la rédaction ou la mise à jour du plan canicule, son articulation avec le DUERP et le PCA, la préparation des managers, la conception d’exercices et la conduite du retour d’expérience après un épisode de chaleur.

L’objectif n’est pas d’ajouter un document supplémentaire, mais de permettre aux décideurs de savoir quoi faire, à quel moment et avec quels moyens.

 

Pour aller plus loin

 

Sources officielles

  • Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur (Légifrance).
  • Arrêté du 27 mai 2025 définissant les seuils de vigilance jaune, orange et rouge.
  • Code du travail, articles R. 4463-1 à R. 4463-8.
  • Service-Public Entreprendre, « Chaleur : quelles obligations pour l’employeur ? », mise à jour du 27 mai 2026.
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS), ressources relatives au travail par forte chaleur.

Vérification réglementaire effectuée le 16 juillet 2026.

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FAQs

Un plan canicule est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?

Le Code du travail n'impose pas nécessairement un document autonome appelé « plan canicule ». En revanche, tout employeur doit évaluer le risque lié aux épisodes de chaleur intense, définir des mesures de prévention et les mettre en œuvre dès la vigilance jaune, orange ou rouge. Ces mesures doivent être intégrées au DUERP et, selon l'effectif, au PAPRIPACT ou à la liste des actions de prévention.

À partir de quel niveau de vigilance le plan canicule doit-il être activé ?

Les premières mesures doivent être activées dès la vigilance jaune de Météo-France. Depuis le 1er juillet 2025, les niveaux jaune, orange et rouge correspondent à des épisodes de chaleur intense au sens du Code du travail. Les mesures doivent ensuite être renforcées lorsque la chaleur s'intensifie.

Quelle température maximale est autorisée au travail ?

Le Code du travail ne fixe pas de température maximale générale interdisant automatiquement le travail. Les valeurs de 30 °C pour une activité sédentaire et de 28 °C pour un travail physique sont des repères de prévention de l'INRS, et non des seuils légaux d'arrêt. L'employeur doit évaluer la situation globale et suspendre une activité lorsque la sécurité ne peut plus être assurée.

L'employeur doit-il obligatoirement installer une climatisation ?

Non. Aucune obligation générale n'impose d'équiper tous les locaux d'une climatisation. L'employeur doit néanmoins maintenir une température adaptée et prévenir l'accumulation de chaleur. Il peut utiliser des protections solaires, une ventilation, une isolation, des espaces rafraîchis, une réorganisation des postes ou une adaptation des horaires.

Quelle quantité d'eau l'employeur doit-il fournir ?

L'employeur doit fournir une quantité d'eau potable et fraîche suffisante et la maintenir au frais à proximité des postes. Il n'existe pas de quantité générale identique pour toutes les entreprises. L'obligation d'au moins trois litres par jour et par travailleur concerne notamment les chantiers du bâtiment et du génie civil lorsqu'il n'est pas possible d'installer l'eau courante.

Un salarié peut-il exercer son droit de retrait pendant une canicule ?

Un salarié peut exercer son droit de retrait lorsqu'il a un motif raisonnable de penser que sa situation présente un danger grave et imminent pour sa santé ou sa sécurité. La seule présence d'une forte chaleur ne suffit pas automatiquement. L'absence de mesures, un malaise, une température extrême ou l'impossibilité de se protéger peuvent toutefois contribuer à caractériser le danger.

Le risque canicule doit-il être intégré au DUERP ?

Oui. L'employeur doit évaluer l'exposition des salariés aux épisodes de chaleur intense et transcrire les résultats dans le DUERP. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, les mesures doivent alimenter le programme annuel de prévention. Dans les entreprises plus petites, la liste des actions est directement consignée dans le DUERP.

Faut-il consulter le comité social et économique sur le plan canicule ?

Le comité social et économique (CSE) intervient dans les questions relatives à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail. Il doit être associé dans les conditions prévues par le Code du travail, notamment lorsque les mesures modifient de manière importante l'organisation ou les conditions de travail. Il peut également proposer des mesures complémentaires lors de l'examen du DUERP et du programme annuel de prévention.