Pour se préparer à la grève nationale du 10 septembre 2025, chaque organisation doit déployer une stratégie sur trois piliers : la continuité de l’activité pour faire face aux blocages, la gestion humaine pour maintenir le dialogue social, et la communication de crise pour garder le contrôle du récit. Annoncée comme une mobilisation d’une ampleur inédite, cette journée ne sera pas une grève traditionnelle. Mêlant arrêts de travail coordonnés par les syndicats et actions de blocage citoyennes initiées sur les réseaux sociaux, elle vise un « arrêt total du pays ». Pour les entreprises et les institutions, le risque dépasse donc largement la simple gestion des salariés grévistes. Il s’agit d’une véritable épreuve pour la résilience opérationnelle et sociale. Chez CriseHelp, nous vous proposons une feuille de route pour anticiper, vous organiser et traverser cette journée avec un maximum de maîtrise.

Comprendre la menace : pourquoi la grève du 10 septembre n’est pas une grève comme les autres ?

 

Avant de se préparer, il faut comprendre la nature de l’événement. Contrairement à un mouvement syndical classique, la mobilisation du 10 septembre est une crise sociale hybride.

  • Des motifs multiples : Le mouvement fédère des protestations contre les mesures d’austérité du gouvernement, la suppression de jours fériés, et des revendications plus larges sur les salaires et les services publics.
  • Des acteurs hétérogènes : Il rassemble des syndicats traditionnels (CGT, FO, Solidaires…) qui ont déposé des préavis dans les transports ou la chimie, et des collectifs citoyens comme « Bloquons tout », nés et coordonnés sur les réseaux sociaux, sans leader officiel.
  • Des modes d’action variés : La menace est double. D’un côté, une grève massive dans des secteurs clés comme la SNCF, l’éducation et la santé. De l’autre, des actions de blocage imprévisibles (zones stratégiques, routes) et des actions de contestation économique (retraits massifs d’argent…).

L’enjeu pour votre organisation : Vous serez probablement impacté, que vous ayez des salariés grévistes ou non. La préparation doit donc se concentrer sur les conséquences externes (blocages) autant que sur les enjeux internes.

 

Besoin d’aide pour vous préparer?

Notre approche est résolument pragmatique : prévenir l’escalade, maintenir l’activité et reconstruire durablement le lien social au sein de l’entreprise.

« Se préparer à un conflit social, peut importe ses origines, est capital pour la résilience des organisations. » Sébastien Couderc – Stratège en communication, expert en conflits sociaux

Phases de gestion d'une grève en entreprise

Ce tableau décrit les actions clés à mener avant, pendant et après une grève en entreprise, avec leurs objectifs et les risques associés. Il sert de repère pour les dirigeants, RH et managers souhaitant structurer leur gestion de crise sociale.

Tableau des étapes d’une grève en entreprise
Phase Actions recommandées Objectifs Risques si ignorée
Avant la grève
  • Mettre en place une veille sociale
  • Organiser des enquêtes internes anonymes
  • Renforcer les échanges avec les représentants du personnel
  • Détecter les signaux faibles
  • Prévenir une grève en entreprise
  • Anticiper les revendications potentielles
  • Conflit social non anticipé
  • Dégradation du climat interne
  • Risque de rupture de confiance
Pendant la grève
  • Identifier les revendications prioritaires
  • Structurer un cadre de négociation crédible
  • Maintenir une communication claire en interne et externe
  • Limiter les impacts opérationnels
  • Préserver l’image de l’entreprise
  • Sortir de la grève par un compromis viable
  • Escalade du conflit
  • Perte de contrôle du récit médiatique
  • Tensions internes prolongées
Après la grève
  • Analyser les causes profondes de la grève
  • Ajuster les pratiques managériales
  • Mettre en place un plan de suivi post-crise
  • Éviter la récidive
  • Restaurer la cohésion d’équipe
  • Renforcer durablement le dialogue social
  • Retour des tensions sociales
  • Démotivation des équipes
  • Image interne affaiblie

Et pour le 10 septembre 2025? Une approche en 3 piliers:

 

 

Pilier n°1 : la continuité d’activité – comment maintenir les opérations ?

La priorité absolue est de limiter la paralysie de votre activité.

 

1. Anticiper les blocages de transport et de logistique

Le risque de blocage des transports (trains, RER, routes) est le plus critique.

  • Cartographiez les déplacements de vos salariés : Identifiez les zones de résidence et les modes de transport de vos équipes pour évaluer le taux d’absentéisme « forcé » potentiel.
  • Sécurisez votre chaîne d’approvisionnement : Si possible, anticipez les livraisons essentielles avant le 10 septembre ou reportez celles qui ne sont pas urgentes. Contactez vos fournisseurs et transporteurs stratégiques pour connaître leur propre plan de continuité.
  • Adaptez vos opérations : Si votre activité dépend de l’accueil du public, évaluez s’il est pertinent de maintenir une ouverture normale.

 

2. Activer le télétravail massif comme première réponse

Pour tous les postes qui le permettent, le télétravail est la solution la plus simple et la plus efficace pour contourner le problème des transports. Assurez-vous en amont que vos infrastructures informatiques (VPN, serveurs) peuvent supporter une charge de connexion maximale. Communiquez clairement les consignes de télétravail plusieurs jours à l’avance, tout en anticipant le risque cyber.

 

3. Sécuriser ses sites physiques

Si vos locaux sont situés à proximité des lieux de manifestation prévus, la prudence est de mise. Envisagez un renforcement de la sécurité des accès, et donnez des consignes claires au personnel d’accueil. Assurez une veille sur l’évolution de la situation dans votre environnement immédiat le jour J.

 

 

Pilier n°2 : la gestion humaine – le dialogue social comme rempart

Même si la grève est nationale, son impact interne dépendra de la qualité de votre climat social. C’est le moment de s’appuyer sur les bonnes pratiques de gestion de grève en entreprise.

 

1. Le dialogue en amont : sonder le climat interne

Il n’est pas trop tard pour (ré)ouvrir le dialogue. Organisez une réunion avec vos représentants du personnel pour discuter des éventuelles revendications internes et montrer que l’écoute est présente. Un dialogue social de qualité, même s’il n’empêche pas la participation à un mouvement national, permet d’éviter qu’une crise externe ne se double d’une crise interne dure.

 

2. Gérer les grévistes et les non-grévistes avec clarté

  • Pour les grévistes : Rappelez les règles légales du droit de grève (absence de sanction, retenue sur salaire). Assurez-vous que les non-grévistes ne sont pas empêchés de travailler.
  • Pour les non-grévistes : Ils seront en première ligne. Remerciez-les pour leur engagement, soyez clairs sur l’organisation du travail en mode dégradé, et assurez leur sécurité. Une communication interne soignée est cruciale pour éviter de créer des fractures entre les équipes.

 

Pilier n°3 : la communication de crise – garder le contrôle du récit

Face à l’incertitude, votre communication doit être un pôle de stabilité.

 

1. La communication interne : informer pour rassurer

Vos salariés doivent recevoir l’information de votre part, et non des médias. Dès les jours précédant la grève, communiquez clairement sur les mesures que l’entreprise met en place (télétravail, adaptation des horaires, sécurité…). Le jour J, maintenez un canal de communication ouvert (boucle SMS, intranet) pour informer de l’évolution de la situation.

 

2. La communication externe : un message de maîtrise pour les clients et partenaires

N’attendez pas que vos clients découvrent par eux-mêmes d’éventuelles perturbations. Communiquez en amont sur les impacts possibles et sur les mesures que vous prenez pour les limiter. Un message proactif et transparent (« En raison du mouvement social national, nos délais de livraison pourraient être allongés. Nous avons renforcé nos équipes pour minimiser ce désagrément… ») est un signe de professionnalisme qui renforce la confiance.

 

 

A J-1 : la checklist de votre cellule de crise

 

La veille de la grève, votre cellule de crise doit s’assurer que :

  • L’annuaire de crise (direction, managers, IT, sécurité…) est à jour et diffusé.
  • Les canaux de communication d’urgence (boucle SMS…) sont testés et opérationnels.
  • La veille médiatique et des réseaux sociaux est activée pour suivre l’évolution de la situation.
  • Un premier message interne a été envoyé pour rappeler les consignes pour le lendemain.
  • Les plannings du personnel présent sur site sont confirmés.

 

 

Transformer ce risque subi en une opportunité de résilience avec CriseHelp

La journée du 10 septembre 2025 sera sans aucun doute une source de perturbations majeures. Pour une organisation non préparée, elle sera une crise subie. Pour une organisation qui aura suivi ces étapes, elle sera un test exigeant, mais maîtrisé. Plus encore, c’est une occasion unique de mettre à l’épreuve la robustesse de votre Plan de Continuité d’Activité, la qualité de votre dialogue social et l’agilité de votre communication. Chaque crise est une opportunité de progresser.

Chez CriseHelp, nous vous aidons à vous préparer à ces chocs systémiques. De l’audit de vos vulnérabilités à l’entraînement de votre cellule de crise, nous vous donnons les outils et la méthode pour protéger votre activité et renforcer la confiance de vos équipes et de vos clients.

Nous sommes à votre écoute pour préciser votre besoin en gestion de crise.

Nos experts et consultants indépendants sont en mesure de vous accompagner de A à Z dans l’évaluation de vos risques pour anticiper les crises.

FAQs

Questions fréquentes sur la préparation à la grève

Que faire si mes salariés non-grévistes ne peuvent pas venir à cause des blocages ?

Légalement, un blocage des transports est un cas de force majeure. Le salarié ne peut être sanctionné pour son absence ou son retard, mais l'employeur n'est pas tenu de rémunérer les heures non travaillées, sauf si un accord d'entreprise ou une convention collective le prévoit. La solution la plus pragmatique, si le poste le permet, est d'activer le télétravail.

Dois-je communiquer publiquement sur la position de mon entreprise face à la grève ?

En général, non. Sauf si votre entreprise est directement liée aux motifs de la grève, la neutralité est la meilleure posture. Votre communication externe doit rester factuelle et opérationnelle (information sur les perturbations de vos services), et non politique.

Mon entreprise sera fermée par précaution, que dois-je faire ?

Si vous décidez de fermer un site par mesure de sécurité, vous devez en informer vos salariés le plus tôt possible. Concernant leur rémunération, plusieurs options existent (activité partielle, récupération des heures, etc.), qui doivent être discutées avec vos représentants du personnel et votre conseil juridique pour être conformes au droit du travail.