La notification à la CNIL est l’obligation, pour tout organisme victime d’une violation de données personnelles, de la signaler à la CNIL dans les 72 heures suivant sa découverte, conformément à l’article 33 du RGPD. Si la violation présente un risque élevé pour les personnes concernées, celles-ci doivent aussi être informées sans délai (article 34).

1 · Détecter
Repérer et confirmer la violation (fuite, vol, perte, chiffrement par rançongiciel).
2 · Qualifier
Évaluer la nature, l'ampleur et le risque pour les personnes. Le compteur des 72h démarre.
3 · Notifier la CNIL
Déclaration via le téléservice de la CNIL, en une ou plusieurs fois.
4 · Informer les personnes
Si le risque est élevé pour leurs droits et libertés, sans délai.

Notification CNIL : de quoi parle-t-on ?

Une violation de données personnelles est un incident de sécurité entraînant, de façon accidentelle ou illicite, la destruction, la perte, l’altération, la divulgation ou l’accès non autorisé à des données. Elle peut toucher la confidentialité (données vues par un tiers), l’intégrité (données modifiées) ou la disponibilité (données rendues inaccessibles, par exemple après un rançongiciel).

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) impose au responsable de traitement de documenter chaque violation et, dès qu’elle présente un risque pour les personnes, de la notifier à la CNIL. C’est l’article 33 qui fixe cette obligation.

Le délai de 72 heures : ce qu’il faut retenir

Le délai court à partir du moment où l’organisme prend connaissance de la violation, pas de sa survenue. Les 72 heures incluent les week-ends et jours fériés. Si tous les éléments ne sont pas connus, la CNIL admet une notification en plusieurs temps : une déclaration initiale, puis des compléments. Passé ce délai, une notification tardive doit être justifiée.

Que doit contenir la notification ?

La déclaration précise au minimum la nature de la violation, les catégories et le nombre approximatif de personnes et d’enregistrements concernés, les conséquences probables, les mesures prises ou envisagées pour y remédier, ainsi que les coordonnées du délégué à la protection des données (DPO). Plus l’analyse est documentée, plus la réponse est crédible vis à vis du régulateur.

CNIL ou personnes concernées : deux obligations distinctes

L’article 33 vise la notification à la CNIL. L’article 34 vise l’information des personnes, déclenchée uniquement lorsque la violation entraîne un risque élevé pour leurs droits et libertés (usurpation d’identité, préjudice financier, données sensibles exposées). Confondre les deux, ou informer les personnes sans anticiper l’afflux de questions, transforme vite l’incident en crise de réputation.

Exemple concret : une PME victime d’un rançongiciel

Un vendredi soir, une PME découvre que son serveur de fichiers est chiffré et que des données clients ont été exfiltrées. La violation touche à la fois la disponibilité et la confidentialité. L’entreprise active sa cellule de crise, qualifie l’incident samedi, notifie la CNIL dimanche (soit dans les 72h) et, le risque étant élevé, informe ses clients en début de semaine avec un message clair sur les mesures prises. La rapidité et la transparence limitent l’impact réputationnel.

Comment s’y préparer

La notification CNIL ne s’improvise pas en pleine crise. Elle se prépare : un registre des violations tenu à jour, une procédure d’alerte connue des équipes, un modèle de déclaration pré rempli et une articulation claire avec le plan de réponse à incident cyber et le plan de continuité d’activité. Une cellule de crise entraînée fait la différence entre une déclaration maîtrisée et une improvisation sous pression.

Questions fréquentes

Quel est le délai pour notifier une violation à la CNIL ?

72 heures après en avoir pris connaissance, conformément à l'article 33 du RGPD.

Faut-il toujours informer les personnes concernées ?

Non. L'information des personnes (article 34) n'est obligatoire que si la violation présente un risque élevé pour leurs droits et libertés.

Que risque une entreprise qui ne notifie pas ?

Une sanction pour manquement au RGPD, pouvant atteindre 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires annuel mondial, sans compter l'atteinte à la réputation.

Une simple tentative d'intrusion doit-elle être notifiée ?

Elle doit être consignée dans le registre interne des violations. La notification à la CNIL n'est requise que si une violation est avérée et présente un risque pour les personnes.

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